Pourquoi vendre des carnets par 3
On nous pose souvent la question. Pourquoi trois carnets et pas un seul ? Pourquoi ne pas laisser les gens choisir la couleur qu'ils préfèrent et en acheter un ?
La réponse courte : parce qu'un carnet seul, on n'ose pas l'utiliser.
La réponse longue est dans les lignes qui suivent.
Le syndrome du carnet trop beau
Vous connaissez cette situation. Vous achetez un beau carnet. Vous l'ouvrez. Vous regardez la première page. Et vous la refermez. Parce que vous ne savez pas quoi écrire de « suffisamment bien » pour cette première page.
Le carnet reste sur le bureau. Puis dans un tiroir. Puis sur une étagère, avec les autres. Vierge. Intact. Inutile.
Ce syndrome touche presque tout le monde, et il est plus fort quand le carnet est seul. Quand on n'en a qu'un, il devient précieux. On le protège. On attend le bon moment. Et le bon moment ne vient jamais.
Avec trois carnets, le rapport change. Trois, c'est assez pour se dire qu'on peut en « sacrifier » un. Gribouiller dedans sans scrupule. Commencer par le milieu. Tacher de café la première page. Parce qu'il en reste deux autres.
Le premier carnet du lot est presque toujours celui qu'on utilise le plus librement. Le deuxième, on commence à prendre ses marques. Le troisième, on a trouvé son rythme. C'est fait exprès.
Trois couleurs, trois humeurs
Chaque collection Terrain de Jeu sort en trois couleurs. Le vert sauge, le bleu canard, le jaune soleil. On ne choisit pas pour vous, on vous donne les trois.
Pourquoi ? Parce qu'on ne sait pas à l'avance quel carnet on aura envie d'ouvrir tel matin. Il y a des jours où on attrape le jaune parce qu'on a besoin d'énergie. Des jours où le bleu va mieux avec l'humeur. Des jours où le vert traîne dans le sac depuis une semaine et où c'est lui qui vient.
Certaines personnes attribuent un usage à chaque couleur. Le bleu pour le travail, le jaune pour les idées personnelles, le vert pour le projet en cours. D'autres les utilisent dans l'ordre, l'un après l'autre. D'autres encore en ouvrent deux en même temps et gribouillent dans celui qui est le plus proche.
On ne donne aucune consigne. C'est le principe.
Le prix d'un carnet qu'on utilise vraiment
Un lot de trois carnets Terrain de Jeu coûte 35 €. Ça fait un peu moins de 12 € le carnet.
On aurait pu vendre un carnet seul à 15 € et le positionner comme un objet « premium ». Le problème, c'est qu'à 15 € le carnet, on hésite avant d'écrire dedans. On fait attention. On se retient. Et un carnet dans lequel on se retient, c'est un carnet qui ne sert pas.
À 12 €, avec deux autres dans le tiroir, la barrière tombe. On écrit. On rature. On arrache une page si besoin. On vit avec le carnet au lieu de le préserver.
Et c'est ce qu'on veut. Si votre carnet Terrain de Jeu a fini mouillé, plié, gribouillé, taché : c'est qu'il aura bien vécu.
Le rythme d'un trimestre
Nos carnets font 46 pages. Trois carnets, ça fait 138 pages. C'est à peu près ce qu'on remplit en trois mois quand on écrit régulièrement, quelques minutes par jour.
Ce n'est pas un hasard. L'abonnement Terrain de Jeu fonctionne par trimestre. Tous les trois mois, une nouvelle collection arrive. Trois nouvelles couleurs, un nouveau thème, un nouveau tirage limité. Quand les carnets du trimestre précédent sont terminés, les suivants sont là.
Ce rythme crée quelque chose qu'on n'avait pas prévu au départ : une forme de rendez-vous. Des abonnés nous ont dit qu'ils attendaient le colis du nouveau trimestre comme une petite cérémonie. Ouvrir les trois carnets, les aligner sur le bureau, choisir lequel entamer en premier.
On n'avait pas pensé à ça quand on a décidé de vendre par trois. Mais c'est devenu un des aspects qu'on préfère.
Ce qu'on a écarté
On a envisagé de vendre à l'unité. On a fait les calculs, réfléchi aux options, imaginé un configurateur où on choisit sa couleur.
On a laissé tomber pour deux raisons.
La première, c'est la logistique. Vendre à l'unité, c'est multiplier les références, les emballages, les expéditions. On est deux. On fabrique en petite série. On n'a pas l'infrastructure pour gérer ça proprement, et on préfère le dire plutôt que de mal le faire.
La deuxième, c'est qu'on y croit. On pense que trois carnets ensemble changent le rapport au carnet. Que le lot libère l'usage. Que les couleurs ensemble racontent quelque chose qu'une seule couleur ne raconte pas.
On se trompe peut-être. Mais pour l'instant, les retours qu'on reçoit nous confortent. Et si un jour on change d'avis, on le dira.
Un dernier mot
Si vous hésitez entre commander et attendre, sachez que chaque collection est un tirage limité. Quand les carnets sont écoulés, on ne les réimprime pas. La collection suivante prend le relais avec de nouvelles couleurs et un nouveau thème.
Les trois carnets que vous recevrez n'existeront qu'une fois. Comme les pages que vous mettrez dedans.
Trois carnets, un trimestre, une collection. 35 € le lot, ou 140 €/an en abonnement avec accès prioritaire. Commander la collection en cours